Izena arriva. Elle y était enfin. Cette porte. LA porte. La porte par laquelle elle avait été expulsée. Derrière cette porte se trouvait sa patrie.
150 ans qu'elle ne l'avait pas franchie. 150 ans... Ca faisait si longtemps...
Au bout de quelques minutes de jubilation intense, elle finit par décider de toquer.
Un garde armé jusque au dents apparu. Il avait l'air farouche et déterminé à ne laisser passer aucun humain.
Mais Izena savait qu'une fois qu'il saurait qui elle était, il ne discuterai pas longtemps. Alors, elle abaissa sa capuche, laissant apparaître sa peau bleue, ses oreilles pointues, et surtout, ses longs cheveux violets. Les yeux de l'elfe gardien s'agrandirent,et il prononça un sort : saul... Et il ne se passa rien. Izena le savait. Ce sort révélateur ne pouvait rien révéler, vu qu'elle n'avait rien à cacher.
Alors le garde s'abaissa et chuchota :
- Bienvenue chez vous, Izena...
Izena sourit : ils ne l'avaient pas oubliée...
Izena s'avança, inspirant à pleins poumons l'air magique du pays des elfes. Timidement, Jiji passa le portail magique et une chose étrange se produisit. La petite humaine n'ayant été exposée que très rarement à la magie, de respirer de la magie la transforma.
Elle s'éleva dans les airs, paniquée. Elle s'allongea en longueur. Elle devient plus fine. Ses yeux s'allongèrent en pupilles mi-elfiques mi-humaines. De petites oreilles lui poussèrent, passant à travers de ses cheveux qui se transformaient peu à peu en argenté.
Puis, elle retomba à terre, avec l'agilité d'un chat. Ses cheveux blonds étaient maintenant ponctués de mèches argentées. Elle avait pris environ une dizaine de centimètres, et elle souriait à son mari Flame, qui venait de réussir à passer par le portail, maheureusement trop petit.
Izena regarda avec des yeux ronds la nouvelle Jiji, puis dit :
- Aucun humain n'était jamais rentré chez les elfes. Je ne m'attendais pas à ce que tu subisses de telles transformations...
- C'est super ! dit-elle en guise de réponse. J'adore mon nouveau corps !
Izena sourit à son tour, et regarda sa petite fille Volci entrer avec son cheval Jumper par le portail, s'attendant à une nouvelle transformation. Mais il ne se passa rien.
- J'imagine que c'est parce qu'elle a du sang elfique et de la nature qu'elle ne se transforme pas, répondit-elle à la question muette de Jiji.
Une fois arrivés à la capitale, une troupe d'elfe excités accoururent vers eux. Les enfants vinrent s'amuser avec Jumper, le premier cheval "terrien" qu'ils voyaient. Volci allait se faire plein d'amis. Soudain, Izena la reconnut. Elle. Elle. Sa soeur qui avait voulu lui voler le trône.
Elle marmonna :
- Zeina... tu me le payeras...
En reconnaissant sa petite soeur, la reine par interim prit peur :
- Non... non, c'est impossible, elle aurait dû mourir...
Et elle s'enfuit le plus vite possible, jetant sa couronne et son sceptre à terre.
Dès que l'on remarqua la fuite de la reine, un jeune elfe s'empressa de ramasser les atouts royaux pour le couronnement d'Izena.
En se rendant au palais, un elfe hurla :
- QUE FAIT CETTE HUMAINE ICI ?
et plusieurs autres renchérirent :
- LES HUMAINS SONT DES RACES IMPURES ! ILS N'ONT PAS LEUR PLACE ICI !
Jiji, sentit des larmes monter à ses yeux : ce n'est pas vrai... Les humains ne sont pas des races impures...
Izena comprit son malaise et sans que n'importe qui le remarque, elle imobilisa les racistes qui se retrouvèrent emprisonnés pour insultes à la famille royale et racisme.
Une fois arrivé au palais, une longue cérémonie se déroula pour fêter le retour d'Izena. A la fin, un elfe masqué demanda à avoir un rendez-vous avec la reine.
Au parloir, il dit :
- Vous me connaissez. Et je vous connait. Beaucoup.
- Non...
- Je suis...
- Azyo, dit Izena en un souffle.
Le dénommer Azyo rougit légérement et répondit :
- Je ne pensais pas que tu te souviendrais de moi si vite !
Oui, c'est bien moi. Ton mari...
Elle ravala sa salive... elle s'était mariée deux fois sans jamais avoir divorcé...
Il se leva :
- J'imagine que ton coeur m'a oublié !
Elle déglutit :
- Excuse-moi...
Contre toute attente, il sourit :
- Je m'y attendais...
En fait, je m'attendais surtout à ne plus jamais revoir ma bien-aimée femme... Dans le désespoir, je... sa voix baissa, jusqu'à ne devenir qu'un souffle : me suis aussi remarié.
- ...
Ils ne dirent rien pendant une dizaine de minutes : ces déclarations étaient si lourde.
Finalement, Izena annonça :
- Toi aussi, tu m'as oubliée...
- bah... fit-il, gêné de cette évidence.
- Ce n'est pas grave... Mais jure à ta reine que tu ne diras rien de tout ça ! A qui que ce soit ! Et surtout... sa voix devint un chuchotement : ne dis rien à Fire, Flame, Jiji et Volci...
Je ne veux pas que ma "famille" connaisse...
- Itchae. Ce n'est pas d'elle que tu veux parler ?
- Si...
- pff... tu veux donc oublier ta propre fille !
- Ca... ça ne te regarde pas ! cria-t-elle, gênée.
- Oh que si ça me regarde... dit-il d'une voix doucereuse.
C'est autant ma fille que la tienne !
- Peut-être, mais jure ! Et par magie !
- Je vais le faire, mais sâche que je ne fais pas ça parce que tu es ma femme, mais parce que tu es ma reine... Je ne te pardonnerai pas ce que tu a fait à Itchae, et un jour, elle viendra tuer ta petite-fille, ton fils, sa femme, ton mari, et toi...
- Je pourai te mettre en prison pour ce que tu viens de dire, mais... je reconnais que j'ai été une mauvaise mère pour elle... Mais maintenant, jure !
Il grommela, et prononça le sort :
Maeteri...
Alors un jet de lumière sortit de sa poitrine, et frappa de plein fouet Izena qui s'écroula sous le choc.
- Ca, c'est pour Itchae ; et ça, c'est pour moi !
Marmonna-t-il en lançant un autre jet de lumière qui fit jicler le sang de la jeune elfe. Mais Azyo l'entendit gémir :
- Je t'en supplie, jure moi que tu ne vas pas leur faire de mal... Tue moi, mais jure-le...
Je t'en supplie.
En entendant ces mots, l'assassin se retourna, et sa bouche s'étira en un rictus carnassier :
- pff... Maintenant que tu as peur, tu supplies ! Tu n'es vraiment pas celle que je pensais !
Il soupira, et continua :
Quand nous nous sommes recontrés, je croyais que tu étais quelqu'un de bien, quelqu'un qui aime, quelqu'un qui serai une femme exemplaire... Mais je me suis bien trompé sur ton compte ! Maintenant, je l'ai trouvée, la femme parfaite !
- S'il te plait... gémit Izena au prix d'un long crachat de sang, jure...
- ah ! Je vois que tu es toujours en vie ! cracha-t-il. Tu ne veux pas savoir qui est ma femme ? Non ? eh bien, ma merveilleuse femme est... Zeina !
Les grands yeux exorbités de l'elfe se mirent à pleurer : non non ! Ca ne pouvait pas être possible ! Pas elle !
- Si si ! C'est bien elle ! répondit sournoisement Azyo. J'ai l'impression que tu es triste de cette nouvelle... serais-tu jalouse de ta soeur ?
Sâche quelle magnifique elfe elle est devenue !
Avant son évanouissement, Izena articula, plus pour se soulager la conscience que pour Azyo :
- Ta magnifique elfe s'est enfuie devant moi quand elle m'a vu je te rappelle ! et elle s'étala à terre.
Jetant un dernier regard au monde extérieur, elle souffla un dernier mot :
Liera...
qui avait le pouvoir de protéger ceux que l'on aimait : malheureusement, elle s'évanouit avant d'avoir terminé la formule...
Le "trop-plein-de-haine" regarda le misérable corps de la jeune elfe qui était à sa merci, et dit :
- Elle est si... nulle que je ne vais pas me donner la peine de la tuer, le temps s'en occupera ! Par contre, je tiens à tuer de mes mains son... son "mari"...
Et il commença à s'éloigner, en songeant à sa fille qui allait être vengée : Ah Itchae ! Bientôt, tu pourras être soulagée de ta mère indigne !
Il continua à ruminer ses sombres pensées quand il sortit du parloir, puis du palais ; et quand il aperçut sa fille dans sa chambre, il annonça le plus fièrement du monde :
- Tu es vengée...
S'attendant à des remerciements, il fut surpris de la voir supplier :
- Tu ne l'as pas tuée j'espère ?
- euh non... j'aurais dû ?
Itchae baissa les yeux : mais pourquoi prenait-elle la défense de sa... sa mère alors qu'elle avait toujours voulu l'exterminer ?
- Non... je pense que... que tu n'as pas à t'occuper de ça ! Enfin, tu n'es pas obligé de gaspiller des forces pour cette euh... vermine ! dit-elle malassurée.
- J'ai pensé exactement la même chose ma chérie ! Bon, je vais faire un tour ! et il repartit.
Itchae songeait à ce qui venait de se passer : mais pourquoi ? Pourquoi a-t-elle eu un moment de faiblesse ?
POURQUOI ?
"Il faut que je le retrouve mon père !"
Une demi-heure après la sortie d'Azyo du parloir, les gardes, inquiets, décident de rentrer dedans, histoire de savoir pourquoi la reine n'en est pas sortit. Quand ils la découvrirent étalée par terre, dans un bain de sang, leur sang ne fit qu'un tour, et quelques secondes plus tard, un elfe guérisseur se matérialisait devant eux.
Il s'approcha d'Izena, lui prit son pouls : elle était toujours vivante.
Il psalmodia quelques mots, et le sang étalé sur le sol s'éleva dans les airs, il se regroupa en formant une boule, qui fonça sur le corps d'Izena en "transperçant" sa poitrine. Immédiatement, elle se réveilla en ouvrant de grands yeux, surprise de voir tous ces gens autour d'elle, et bégaya :
- Il faut que je le retrouve !
- Oh non ! Il n'est pas question que vous fassiez quoi que ce soit dans cet état-là ! répliqua le médecin.
Elle ne daigna lui repondre qu'un merci vite fait, et s'en alla en courant, malgré son extrême faiblesse.
Elle courut du plus vite qu'elle put, arrivant essouflée dans sa chambre.
Immédiatement, elle sortit son miroir magique. Il permettait de visualiser le lieu où se trouvait tous les êtres de ce monde. Ainsi, elle trouva rapidement l'endroit où se rendait Azyo.
- Oh non... pas ça !!
Elle se remit debout, mais un coup de faiblesse la fit s'écrouler...
- mmh... je ne pense pas pouvoir le surpasser si je ne tiens pas debout...
Alors elle invoqua les plus grand magicien du palais et leur dit :
- J'ai une faveur à vous demander, d'interêt vital pour la famille royale !
- Tout ce que vous voulez Izena ! répondirent-ils à l'unisson.
- Bien. Il faudrait que vous me donniez votre énergie (magique et physique) pour... pour ce que j'ai à faire.
Les mages aquièscèrent, même si elle sentait qu'ils auraient bien voulu en savoir plus.
Ils se mirent les uns derrière les autres. Chacun leur tour, ils tranférèrent leur énergie dans le cristal d'une Izena stressée. A la fin, Izena se sentit revigaurée, et, remerciant rapidement les mages épuisés, elle courut le plus vite qu'elle put vers les appartements de Jiji et Flame. Porte enfoncée. Elle accélèra. Maison sans dessous-dessus. Elle activa sa magie. Des cris. Elle se concentra pour lancer un sort. Le sort. Celui qui le tuera. Elle arriva enfin dans la pièce de l'origine des cris.
Là. Au milieu, l'assassin tenait, grâce à la magie, en l'air une Volci qui se débattait. A côté, Jumper était à terre, un membre blessé. Aucun signe de Jiji et Flame : il n'était pas là.
En voyant l'air horrifié d'Izena, Azyo dit d'une vois meurtrière :
- Hahaha ! Elle est mignonne cette petite fille n'est-ce pas ?
Le portrait craché d'Itchae je trouve ! Tu l'aimes ? Rooh quel dommage !
Pour la vengeance de notre fille, je vais la tuer sous tes yeux !
Izena déglutit :
- Non... pas elle...
- Et pourquoi pas ! Et n'avise pas de m'attaquer dans le dos, traîtresse ! J'ai jeté un sort à cette petite fille : si tu me tues, elle mourra en même temps !
Tu ne voudrais quand même pas prendre un tel risque...
La malheureuse elfe sentit les larmes lui monter aux yeux :
"non non... il n'y a aucune solution... elle va être tuée devant moi, et je n'aurai rien pu faire... c'est impossible..."
N'écoutant pas les pensées d'Izena, l'assassin commença à réciter la longue formule de la mort. Soudain, une idée aussi simple qu'efficace germa dans l'esprit tortueux de la jeune (pouet ! et vui, elle est jeune !) elfe.
"Ce sort est à double entrée ! Normalement, si il la tue, il mourra aussi ! donc... j'espère qu'il m'a mentit..." pensa-t-elle très fort en lançant le sort mortifère le plus vite possible, si bien qu'elle le lança avant l'assassin. Le rayon frappa sa poitrine, ce qui le fit s'écrouler à terre.
Même avec du sang dans la bouche, il était toujours dans sa folie :
- Ahahaha !! Tu n'es pas aussi puissante qu'on le raconte, je te battrai à coup sûr si je le voulais !
"Je suis donc si faible ? Toutes ces années passées sur Terre ont dû m'affaiblir ! Il va falloir que je m'entraîne dur..."
Elle sortit son épée de son fourreau, et l'appuya contre la gorge d'Azyo, qui gémit :
- Non... non... tu ne vas pas faire ça... Je t'aime toujours tu sais...
- Oh que si, je vais te tuer...
- Mais pourquoi vas-tu me tuer ? Tu ne te souviens plus de tous les bons moments que nous avons passés ensemble ? Tous les deux, hein ?
Les joues d'Izena s'empourprèrent : oh que si qu'elle s'en rappellait ; et à ce moment-là, elle enviait Lili d'être amnésique...
- Je n'ai pas de raisons à te donner pour ta mort ! dit-elle, faisant semblant d'ignorer sa vraie question.
- Je vais te rafraîchir la mémoire ma chérie ! Notre rencontre, dans les bois, où nous nous sommes embrassés pour la première fois ! Notre première nuit ensemble, dans la forêt, où nous étions nus... Je t'aime Izena... Pourquoi veux-tu me tuer ? Gémit l'hypocrite.
Essayant de garder la tête froide, l'elfe sentit couler des larmes sur sa joue : tous ces souvenirs revenaient dans son esprit... la nuit, les caresses, ses lèvres, sa bonne humeur, ses larmes quand elle avait été bannie...
Elle cru qu'elle allait craquer, mais la vue de Volci qui se débattait, de Jumper blessé qui hennissait d'impuissance ; elle se rendit compte de ce que la folie avait fait de lui, et qu'il lui serait reconnaissant de lui avoir mis fin à tous ses tracas...
Alors, elle leva son épée au-dessus d'eux, et trancha d'un coup sec la gorge de celui qu'elle avait aimé 250 ans, sous les yeux ahurris d'Itchae qui arrivait en courant...
Aussitôt, Volci retomba à terre, en criant, ce n'était pas un spectacle pour les enfants : ce corps ensanglanté qui se vidait peu à peu, cette tête tranchée qui roulait sur le côté et ces yeux plein de tristesse qui la regardait fixement.
Comprenant la tristesse de la petite fille, Izena la prit par la main, et, subitemement, effaça cette heure-là de sa mémoire. Ensuite, l'elfe soigna du mieux qu'elle put Jumper qui saignait toujours.
Enfin, elle se tourna vers sa fille qui était agenouillée devant le corps sans vie de son père.
Ses yeux vides dévoilaient un profond égarrement, ce qui était normal, vu tous les emmerdements qui lui tombaient dessus. Izena fut surprise de voir à quel point elle lui ressemblait : grands yeux vert émeraude, peau bleue océan, visage fin et pointu, cheveux violets. Cheveux violets ? Mais oui ! Ce sera elle l'héritière du royaume après Izena ! Comprenant que sa mère l'observait, Itchae releva sa tête, et planta son regard plein de larmes dans le sien.
Izena finit par dire d'une voix dûre :
- Je suis désolée que tu es vu sa mort.
Itchae ne dit rien, perdue dans ses pensées et dans le monde cruel dans lequel elle vivait.
- Je reconnais que tu n'as pas eu une vie facile, et je suis prête à tout recommencer avec toi.
La malheureuse elfe pensait : "à deux ans, j'ai été arrachée à ma mère à cause de la guerre contre les centaures, ensuite, elle m'a abandonnée, et pour finir, elle a tué sous mes yeux mon père... Je n'arrive pas à croire que je l'aime encore...
Izena est ma seule famille, je ne devrai pas la détester, sinon, plus personne ne comptera dans ma vie..."
Alors elle se releva, souffla :
- Ca faisait si longtemps maman...
Et elles s'enlacèrent, heureuses de se retrouver après tant d'années...
* Jiji *